Dans le cadre des élections provinciales 2026, le Val-Ouest vous présente des candidats de la circonscription de Daniel-Johnson qui ont bien voulu répondre à notre questionnaire. Voici les réponses du candidat du Parti libéral du Québec, Éric Sévigny.
Q1. Parlez-nous de vous. Quel est votre bagage professionnel?
Je suis un gars de l’Estrie, j’y ai grandi et fait toutes mes études — un baccalauréat en géographie de l’Université de Sherbrooke et une maîtrise en urbanisme de l’Université de Montréal. Je suis père de trois garçons. J’ai commencé ma carrière dans la fonction publique fédérale, dans le transport urbain, le financement des infrastructures et la lutte aux changements climatiques, puis je suis passé au monde municipal comme directeur général des villes de Waterloo, Bromont et Sherbrooke. En vingt-cinq ans, on m’a reconnu pour ma rigueur et pour une gouvernance fondée sur la transparence, l’intégrité et une gestion responsable des fonds publics. J’ai contribué à des projets structurants comme Technum, la Zone d’innovation en microélectronique à Bromont, et DistriQ, la première Zone d’innovation quantique du Québec, à Sherbrooke. Au fond, je suis un leader de proximité : l’écoute, le respect et une porte toujours ouverte.
Q2. Pourquoi avoir décidé de vous impliquer en politique?
Après vingt-cinq ans au service public, j’ai quitté la direction générale de Sherbrooke en juin pour prendre une pause. Mais en discutant avec Charles Milliard et l’équipe du PLQ, mon envie de politique s’est réveillée
— j’ai toujours su qu’un jour je tenterais ma chance, et le moment était parfait : pour la première fois de ma carrière, j’étais libre de tout devoir de réserve. Les valeurs du parti me rejoignent, et Charles Milliard est un leader humain, brillant et rassembleur, qui a le Québec à cœur. Comme gestionnaire, je recevais les orientations du politique; aujourd’hui, je veux être là où on les définit, pour représenter directement les citoyens à l’Assemblée nationale. Et on vit un moment charnière : un ordre mondial en redéfinition, des tarifs douaniers qui frappent nos entreprises, la renégociation de l’ACEUM, la place du Québec dans le Canada. C’est exactement le temps de s’impliquer.
Q3. Quels sont les principaux enjeux de la région? Votre contribution?
En pré-campagne, j’ai rencontré des maires et des conseils municipaux partout dans le comté, et les mêmes enjeux reviennent. D’abord, la relation entre Québec et les municipalités : trop de bureaucratie, une reddition de comptes écrasante, des programmes de subvention mal adaptés aux petites villes. Plusieurs communautés sont freinées dans leur croissance par des enjeux d’eau potable et de traitement des eaux usées, et le financement des routes est loin des besoins. L’accès aux soins, la desserte ambulancière et les places en CPE sont problématiques. Le monde agricole vit beaucoup d’incertitude avec les négociations Canada–États-Unis, notamment sur la gestion de l’offre, en plus des défis de relève, de mise en marché et de rentabilité. Côté main-d’œuvre, les règles d’immigration et les longs délais pour les travailleurs étrangers nuisent à nos manufacturiers et à nos fermes. Enfin, il y a la vitalité même des petites communautés : peu d’espace pour croître, des commerces de proximité fragilisés par le commerce en ligne. Ma contribution, c’est de porter ces réalités du terrain à l’Assemblée nationale.
Q4. Si vous êtes élu, quelle sera votre priorité?
Au-delà de bien représenter les gens de Daniel-Johnson, j’ai des priorités concrètes. Éliminer la paperasse et les normes excessives qui bloquent les projets de développement économique. Investir dans les infrastructures municipales : aux Assises de l’UMQ en mai 2026, le PLQ s’est engagé à doubler leur part dans le Plan québécois des infrastructures, de 4,4 % à 8 %. Simplifier les programmes de financement pour les petites municipalités. Abolir l’horaire de faction du service ambulancier du Val-Ouest — un système où les paramédics, de garde à domicile, doivent d’abord se rendre à la caserne avant de partir en intervention, ce qui allonge les délais et laisse le territoire sans couverture dès qu’une ambulance est en transport. Et soutenir nos entreprises et producteurs agricoles aux prises avec la pénurie de main-d’œuvre : réduire les délais de 20 à 26 semaines pour l’arrivée des travailleurs étrangers, et faciliter la relève agricole. Bref, des solutions concrètes, pensées avec les gens du terrain, pas imposées d’en haut.
Q5. Que dire aux personnes indécises ou qui ne veulent pas voter?
Je comprends le cynisme — je l’entends au porte-à-porte, ce fameux « on est tous pareils ». Mais voter n’exige pas d’être certain à 100 %. Un choix imparfait, fait avec les meilleures informations qu’on a, vaut mieux que de laisser les autres décider à notre place, et l’abstention profite rarement à ceux qui se sentent les moins bien représentés. On n’a pas à tout évaluer : on peut se concentrer sur un ou deux enjeux qui comptent vraiment, et des outils comme la boussole électorale aident à se situer rapidement. S’abstenir est un droit, mais ça n’envoie pas aux partis le message qu’on voudrait. Au fond, voter est l’une des façons les plus concrètes et accessibles d’avoir un mot à dire sur notre avenir collectif. Comme je le dis : si vous ne vous occupez pas de vos affaires, quelqu’un d’autre s’en chargera. « Voter, c’est s’occuper de ses affaires. »





















